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L'enfant qui pleurait

Un homme vertueux a rapporté ce récit : il a dit : « Tandis qu’un jour j’étais dans la ville de Bassorah [- ville située en Irak -], j’ai vu qu’il y avait des enfants qui jouaient avec des amandes et des noix. Je vis à l’écart d’eux un enfant qui les observaient en pleurant. Alors je me suis dit qu'il pleurait certainement parce qu’il n’avait pas comme les autres enfants d’amandes ni de noix pour jouer. Il devait être chagriné et ses larmes coulaient car il n’avait rien pour jouer ».

Je me suis rapproché de lui et je lui ai dit : « Mon fils, qu’est ce qui te fait pleurer ainsi ? Veux-tu que je t’achète des amandes et des noix pour que tu puisses jouer avec les autres enfants ? ».

Alors l’enfant leva la tête en ma direction et me dit : « Mais mon oncle, nous n’avons pas été crée pour le jeu ».

Je lui dis alors : « Dis-moi donc pourquoi avons-nous été créé ? ».

Il a dit : « Pour la science et l’adoration ».

Je lui ai dit : «  D’où tiens-tu celabaraka l-Lahou fik ? ». 

Il a répondu : « J’ai déduis cela de la parole de Allah ^azza wa jall : 

أَفَحَسِبْتُمْ أَنَّمَا خَلَقْنَاكُمْ عَبَثًا وَأَنَّكُمْ إِلَيْنَا لا تُرْجَعُونَ

('afa haçibtoum 'annama khalaqnakoum ^abatha wa 'annakoum 'ilayna la tourja^oun)

qui signifie : « Pensez-vous que Nous vous avons crée absurdement ? Et que vous ne reviendrez pas à la vie pour le Jour du Jugement ? » [sourat Al-Mou’minoun / 'ayah 115].

Alors je lui ai dit : « Mon fils, je constate que tu as de la sagesse. Exhorte-moi brièvement ». L’enfant s’est alors mis alors à dire de la poésie :

أرى الدنيا تجهز بالطلاق         مشمرة على قدم و ساق

('ara d-dounya toujahhazou bi t-tilaqi mouchammiratan ^ala qadamin wa saqi)

فلا الدنيا بباقية لحي             و لا حي على الدنيا بباقي

(fala d-dounya bibaqiyatin li hayyin wa la hayyoun ^ala d-dounya bibaqi)

كأن الموت و الحدثان فيها       إلى نفس الفتى فرسا سباق

(ka 'anna l-mawta wa l-hadathani fiha 'ila nafsi l-fata farasa sibaqi)

فيا مغرور بالدنيا رويدا         و منها خذ لنفسك بالوثاق

(faya maghrourou bi d-dounya rouwayda wa minha khoudh li nafsika bi l-wathaqi)

ce qui signifie :

« Je vois que le bas-monde est en préparatif pour partir et nous quitter.

Le bas-monde ne demeure pour aucun vivant, et aucun vivant ne restera éternellement dans le bas-monde.

C’est comme si la mort est un cheval de course qui va rattraper l’être humain.
Ô toi qui est épris par le bas-monde, prends garde à toi, et prépare des provisions pour l'au-delà
 
».

L’enfant s’est ensuite levé, il a scruté le ciel du regard, il a levé les paumes vers le ciel [- le ciel qui est la direction pour les invocations -] avec ses larmes, coulant à profusion sur ses joues, et il s’est mit à dire :

يا من إليه المبتهل   يا من عليه المتكل

(ya man 'ilayhi l-Moubtahal ya man ^alayhi l-Mouttakal)

ce qui signifie : « Ô Toi Celui que nous supplions, Ô Toi Celui à Qui nous nous fions ».

Après avoir dit ces paroles, l’enfant s’est alors évanoui. Je l’ai pris dans mes bras et j’ai posé sa tête sur mes genoux. J’ai enlevé la poussière de son visage avec la manche de ma main. A son réveil, je lui ai dit : « Mon fils, comment es-tu dans cet état ? Tu n'es encore qu’un enfant, il ne t’est inscrit aucun péché ».

Et l’enfant a répondu : « Ne me dis pas de telles paroles. J’ai vu ma mère essayer d’attiser le feu avec de grandes bûches mais elle n’arrive à attiser le feu qu’avec des petites brindilles ». [- il fait allusion ici aux petits péchés et aux grands péchés, c'est-à-dire que même si la personne accumule les petits péchés, cela risque de l’entraîner vers de grands péchés, et ainsi, cela peut l’entraîner vers le châtiment de l’enfer, que Allah nous en préserve. -]. Et l’enfant a dit : « Je crains d’être de ceux qui atteignent la puberté sur l’interdit et de mourir sur l’interdit ».

C’est alors que l’homme à son tour s’est lui aussi évanoui. L’enfant est partit et quand l’homme s’est réveillé, il a regardé en direction des enfants et il ne l’a pas vu. Il les a alors interrogé en disant : « Qui est donc ce jeune enfant qui était là ? ». Ils lui ont dit : « Tu ne l’as pas reconnu ? C’est un des enfants de Al-Houçayn fils de ^Aliyy, que Allah ta^ala les agrée ». [- Al-Houçayn est le petit fils du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam -]

Alors il a dit : « J’ai été étonné et surpris par cet enfant, mais il est vrai qu’un tel fruit ne peut provenir que d’un pareil arbre ».

On retient de ce récit plusieurs informations importantes concernant l'importance de l'éducation des enfants, afin qu'ils grandissent sur le bien, concernant également l'importance d'oeuvrer pour ce pour quoi nous avons été créé, à savoir pour la science et pour l'adoration de Dieu. N'oublions pas que, la demeure de la paix et de la félicité éternelle, c'est la demeure de l'au-delà, ce n'est pas la demeure d'ici-bas.

Que Allah nous facilite le bien et nous accorde d'oeuvrer dans le bien.

Et Allah sait plus que tout autre.

Tag(s) : #Histoires & paroles de savants

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